Préparer la rentrée autrement. 3 Conseils : simple, lent, joyeux

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Préparer la rentrée autrement, ce qui m'a donné le déclic !

Ce matin, sous le soleil vif de l’hiver austral, j’ai regardé passer le défilé du 14 juillet à Saint-Denis de La Réunion. Le pas cadencé des militaires, les uniformes impeccables, la musique qui scande l’avancée.

Et je me suis surpris à penser : c’est souvent comme ça que je prépare la rentrée. Un défilé. Je mets mes idées en rang, j’aligne mes projets, j’organise mes routines comme un général en manœuvre.

Chaque été, la même ritournelle. Tout doit être prêt, millimétré : la liste des projets pédagogiques à anticiper, les séquences à rafraîchir, les outils numériques à dompter, et cette petite voix qui martèle : si tu n’es pas prêt, tu vas souffrir. Cette injonction sourde : être prêt, performant et en avance, pèse lourd. Elle nous dépossède de l'été, transformé en pré-rentrée officieuse, en réunion silencieuse avec soi-même où l'on coche des cases imaginaires. Or, à force de préparer, on finit parfois par s’épuiser avant même d’avoir repris.

Mais l’été n’est pas un défilé.

L’été, c’est la flânerie. Le pas lent, l’esprit qui vagabonde. C’est écouter, observer, se laisser surprendre.

Préparer la rentrée autrement : un été simple

Et si, cette année, la meilleure façon de préparer la rentrée autrement était... de ne pas la préparer du tout ? De ne pas forcer, de ne pas planifier. Juste vivre, simplement. Faire confiance aux moments qui viennent.

Un été simple, sans checklists. Juste des questions qui surgissent, des envies qui naissent, sans pression.

Préparer la rentrée autrement : choisir la lenteur

C’est l’esprit de la lenteur. De la slow education : respecter le rythme naturel, donner du temps au temps, accueillir les détours.

Et cette lenteur n’est pas qu’une coquetterie estivale. C’est aussi une posture de résistance à l’accélération qui gangrène l’école. Dans l’enseignement supérieur, le mouvement de la slow scholarship a été popularisé par l’essai The Slow Professor (Seeber & Berg, 2016), qui dénonce la culture de la vitesse et de la productivité académique. Ce plaidoyer pour un ralentissement intellectuel trouve aussi sa pertinence bien en-deçà de l’université. Le primaire et le secondaire subissent les mêmes logiques d’urgence : programmes compressés, injonctions à l’innovation permanente, évaluation chronométrée.

Pourquoi alors ne pas résister dès l'été, et préparer la rentrée autrement en réhabilitant la lenteur comme condition d'une rentrée nourrie plutôt que précipitée ?

Préparer la rentrée autrement : cultiver la joie

De cette lenteur naît la joie. Une joie douce, sans objectif, sans pression de performance.

Et si préparer la rentrée autrement, c’était simplement cela : marcher sans but, lire sans objectif, observer sans urgence. C’est joyeux, parce que cela ne pèse pas. Cela ouvre des portes qu’on n’aurait jamais pensées pousser.

Voici trois petits exercices pour un été simple, lent, joyeux :

1. Le carnet des curiosités

Chaque jour, ou quand l’envie vient, notez une question qui vous intrigue, même la plus anodine : Pourquoi le ciel est-il plus bleu après la pluie ? ou Comment expliquer l’intuition pédagogique ? Peu importe que la réponse arrive. Ce carnet devient un compagnon de vagabondage intérieur, un espace sans urgence ni but, mais riche en possibles.

2. L’inventaire du non-savoir

Faites la liste des savoirs que vous n’avez jamais pris le temps d’explorer. Non pas comme une to-do-list d’apprentissage, mais comme une cartographie humble de vos territoires inconnus. Puis laissez l’été voir si certains de ces rivages s’approchent naturellement... ou pas.

3. La marche sans carte

Consacrez un moment par semaine à une marche sans destination, dans la ville, dans une librairie, ou même au fil d’une playlist inconnue. Laissez-vous guider par le hasard, par un titre, un sentier, une couverture de livre. C’est une manière d’entraîner l’esprit à renoncer au contrôle.
La recherche montre que marcher, flâner ou rêvasser stimule les réseaux neuronaux impliqués dans la créativité et la résolution de problèmes.

4. La sieste pédagogique

Prendre volontairement un temps de sieste ou de rêverie, chaque jour, sans culpabilité, en gardant à proximité de quoi noter les pensées qui émergent. C’est une manière de reposer le corps tout en préparant, inconsciemment, une rentrée plus vivante.

Et l’IA dans tout ça ?

L’intelligence artificielle peut aussi être ce compagnon discret de flânerie, de la pédagogie lente. Pour lancer des idées au hasard, pour explorer un paradoxe, ou simplement garder trace de ces pensées éparses qui, parfois, font un chemin.

Elle peut devenir un outil de slow pedagogy : générer des listes de questions absurdes pour titiller notre curiosité, tenir pour nous le journal de ces flâneries intellectuelles que nous n’avons pas toujours le temps d’écrire.

Si ce sujet vous parle, vous aimerez aussi Comment faire une vraie pause estivale sans culpabiliser.

Quelle flânerie nourrira votre rentrée ?

Quelle flânerie nourrira votre rentrée ? Quelle curiosité ou quelle lenteur aurez-vous décidé de préserver, malgré la reprise ?

Vous pouvez partager un mot, une photo, une pensée. Non pas pour produire. Juste pour dire : voilà ce qui est venu, simplement, lentement, joyeusement.


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  • Merci Fabrice pour ce moment de flanerie estivale. Je trouve le rythme et le ton de ton article délicieusement « slow ». Pratiquer « la marche sans carte » et laisser son esprit rêvasser est une activité très attirante et surtout dans un cadre idylique.. cela doit être un moment magique. Et qui finalement doit être régénérateur… comme la sieste. Pour préparer sa rentrée du bon pied.

  • Je viens de lire ton article et j’ai été particulièrement touché par ce passage : « Et si, cette année, la meilleure façon de préparer la rentrée autrement était… de ne pas la préparer du tout ? De ne pas forcer, de ne pas planifier. Juste vivre, simplement. Faire confiance aux moments qui viennent. »
    Tu nous invites à ralentir, à accueillir l’incertitude et à cultiver une joie simple, sans objectif. Cette approche résonne profondément dans un monde où l’urgence et la performance dominent 🙂

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