Créer une application pédagogique avec l’IA pour répondre à un besoin de classe réel

Pourquoi j'en suis venu à créer une application pédagogique avec l'IA, alors que je ne suis pas développeur.

Créer une application pédagogique avec l’IA quand les outils tout prêts ne suffisent plus

Je pensais que ce serait simple.
Des outils en ligne, il en existe une infinité : générateurs, jeux, activités interactives, étiquettes… On clique, on projette, on avance.

Un problème très concret : l’arabe ne rentre pas dans les cases

Et puis je suis passé à l’arabe. À ce moment-là, j’ai vu encore une fois que le “tout prêt” n’est pas neutre : il impose ses limites à nos tâches, et parfois à toute une situation d’apprentissage.

D’un coup, ce qui “fonctionne” en français devient fragile : l’écriture est cursive, les lettres se lient, les ligatures comptent… et surtout la langue s’écrit de droite à gauche. Beaucoup d’outils ne sont pas réellement compatibles avec l’arabe. L’affichage est parfois incorrect, la segmentation devient bancale, et la manipulation perd son intérêt. Résultat : l’activité que j’avais en tête devient impossible, ou trop coûteuse en classe.

À ce moment-là, on fait comme toujours : on compense.
On réécrit au tableau. On efface. On recommence. On bricole une solution “à peu près”… et c’est notre énergie qui paie la facture.

Ce que l’IA change vraiment : créer un outil sur mesure sans être développeur

C’est là que l’IA est devenue intéressante : quand l’outil standard ne répond pas, je peux créer une application pédagogique avec l’IA, ou plus simplement une petite application web sur mesure, qui respecte exactement ma contrainte de classe. Ce n’est pas une question de confort : cela permet de rendre possible une situation d’apprentissage qui, sinon, ne l’est pas ou me coûte trop en temps et en énergie. Le point clé, c’est que je n’ai pas eu besoin de devenir développeur : on peut très bien débuter avec l’IA sans être expert et construire malgré tout un outil utile pour la classe.

J’ai travaillé comme on prépare une séance : objectif clair, contraintes, test, ajustements. L’IA s’est chargée du code.
Le vibe coding, c’est ça : garder la main pédagogique sans porter toute la complexité technique.

Je suis prof d’arabe, mais je ne raconte pas une histoire “pour profs d’arabe”. Je pars d’un problème très situé : comment j’ai utilisé l’IA pour créer un premier outil pédagogique sur mesure, puis d’autres petites applications web adaptées à mes objectifs d’apprentissage. Et pourquoi ce geste peut aider n’importe quel collègue, y compris au primaire, dès que le “tout prêt” ne suffit plus.

Une application d’étiquettes pour la compréhension orale collaborative

Application d’étiquettes arabe français créée avec l’IA pour la compréhension orale en classe

Application web d’étiquettes manipulables en arabe et en français utilisée pour reconstruire collectivement un texte.

La compréhension orale, on la traite souvent comme une épreuve individuelle : chacun écoute, chacun “comprend comme il peut”, et ceux qui décrochent décrochent vite. Moi, j’avais besoin de l’inverse : une reconstruction collective, progressive, où même l’élève le plus fragile puisse apporter quelque chose.

Le dispositif, je ne l’ai pas inventé. Il vient du GFEN, secteur langues.
Ce que l’IA m’a permis, c’est de fabriquer une application pédagogique, ou plus exactement une petite application web, qui évite d’écrire et d’effacer sans cesse, et qui garde la trace des propositions des élèves.

Une reconstruction collective du texte en trois écoutes

Concrètement, je fonctionne en trois écoutes.

À la première écoute, les élèves notent individuellement les mots qu’ils entendent. Puis on met en commun. Je commence souvent par interroger les élèves les plus faibles : presque tout le monde a au moins un mot. On obtient un premier “stock” de mots, qu’on explicite si besoin.

À la deuxième écoute, les élèves se concentrent sur ce qui vient juste avant et juste après les mots déjà repérés. Nouvelle mise en commun : on commence à former des segments, parfois des débuts de phrases. À ce stade, ce n’est pas la “bonne réponse” qui m’intéresse : c’est la construction progressive du sens.

À la troisième écoute, les élèves classent les segments entendus dans l’ordre. Là, on passe un cap : on n’est plus dans l’écoute passive, mais dans une reconstitution active du texte.

Ce que l’application change concrètement dans la conduite de classe

Et c’est ici que l’application, Étiquettes manipulables arabe français, change réellement la vie du prof : je peux projeter au tableau ce que les élèves proposent, manipuler en direct pour classer et réorganiser, et ajouter à la volée ce qui manque pour stabiliser la reconstruction. Au lieu de passer mon temps à écrire, effacer, réécrire, je reste disponible pour écouter, relancer, et guider. L’application ne fait pas “à ma place” : elle rend simplement l’activité plus praticable, plus lisible, et plus efficace en classe.

Un outil pensé aussi pour d’autres contextes que l’arabe

L’exemple que je montre est bilingue, parce que j’en avais besoin en arabe. Mais on peut n’afficher qu’une seule langue : cela fonctionne déjà pour toutes les langues à alphabet latin, et j’ai aussi pensé cette application pour des collègues du primaire, avec la possibilité de mettre les mots en couleur pour faciliter la catégorisation.

Ce premier outil répondait à un besoin très “classe” : rendre visible, au tableau, une reconstruction collective du sens.
Mais j’avais un autre problème, plus discret : en arabe, beaucoup d’élèves butent sur la reconnaissance des graphies.
Et là, les ressources “tout prêtes” sont encore plus inégales, parce que la forme de la lettre change selon sa place dans le mot.
J’ai donc créé deux jeux très simples : l’un pour apprendre à repérer la bonne graphie, l’autre pour stabiliser l’idée qu’une même lettre peut prendre plusieurs formes.
Pas pour “gamifier”. Pour que l’entraînement soit possible aussi quand l’élève est seul, à la maison.

Chasse aux lettres arabes : reconnaître une graphie, puis la retrouver dans des mots

Jeu pédagogique de reconnaissance des graphies arabes créé avec l’IA

Jeu pédagogique pour reconnaître une graphie arabe puis retrouver la lettre dans des mots.

Le premier jeu, Chasse aux lettres arabes, travaille une compétence très précise : reconnaître la graphie demandée, puis repérer la lettre dans des mots. L’élève choisit une lettre, puis avance par phases : la consigne indique clairement ce qu’il doit cliquer (graphie isolée, initiale, médiane, finale…), et le jeu s’adapte automatiquement aux lettres qui n’ont pas les quatre graphies.

Installer un automatisme utile en autonomie

Ce que je cherche, ce n’est pas un “bon score”. C’est un automatisme utile : savoir identifier la lettre malgré ses variations, puis la reconnaître quand elle se fond dans un mot. Autrement dit, rendre l’entraînement possible jusqu’à ce que la reconnaissance devienne plus sûre, plus rapide, plus stable.

Et comme l’élève peut y jouer seul, à la maison, les règles sont volontairement simples : un mauvais clic coûte, et rater une bonne réponse aussi. Ça oblige à être attentif, sans avoir besoin d’un adulte à côté pour relancer.

Le miel des lettres : comprendre qu’une lettre reste la même, même quand sa forme change

Jeu pédagogique sur les formes des lettres arabes créé avec l’IA

Application pédagogique où l’élève valide toutes les formes d’une même lettre arabe.

Le deuxième jeu, Le miel des lettres arabes, poursuit le même objectif, mais autrement. L’élève déplace une abeille et ne doit “butiner” que les fleurs qui portent les bonnes graphies de la lettre cible.

Valider la lettre entière, pas seulement une forme

L’idée importante, ici, est dans le fonctionnement du miel : le pot ne se remplit pas parce qu’on a touché une fleur, mais parce qu’on a validé la lettre entière, c’est-à-dire toutes ses formes.
Autrement dit, le jeu pousse l’élève à stabiliser une idée simple : ce ne sont pas quatre lettres différentes, c’est la même lettre qui change d’apparence selon sa place. On n’est donc pas seulement dans la reconnaissance visuelle immédiate, mais dans un apprentissage plus stable de la lettre à travers ses différentes formes.

Varier l’entraînement sans refaire la même activité

Et pour varier sans refaire l’activité, j’ai prévu trois “récoltes” (7, 14 ou 28 lettres), ainsi qu’un indice possible via la ruche, indice utile en autonomie quand l’élève bloque.

Quand créer une application pédagogique avec l’IA redonne de l’autonomie

Au départ, je cherchais juste un outil qui tienne la route avec l’arabe : droite à gauche, écriture cursive, ligatures. J’ai découvert autre chose : quand l’outil standard ne répond pas, on finit toujours par compenser, en adaptant numériquement quand il est possible de bidouiller, sinon au tableau, à la main, mais toujours avec du temps et de l’énergie.

Des applications qui servent d’abord l’apprentissage

Ces trois petites applications ne sont pas là pour “faire du numérique”. Elles m’ont surtout obligé à préciser ce que je voulais faire apprendre, et à construire des tâches qui tiennent aussi quand l’élève est seul, à la maison : consignes claires, progression, feedbacks immédiats.

Reprendre la main quand le tout prêt ne correspond pas au réel de la classe

Je ne m’adresse pas uniquement aux profs d’arabe. Je pars d’un problème très situé, mais ce que j’ai découvert dépasse largement ce cas : quand un outil tout prêt ne respecte pas la réalité de la classe, créer une application pédagogique avec l’IA peut devenir une solution concrète, simple et partageable.

Partageable car j’ai choisi d’héberger ces applications sur la Forge des communs numériques, pour qu’elles restent accessibles via un simple navigateur. Cela permet qu’elles circulent et soient réutilisées au-delà de ma classe.

Et peut-être que le vrai gain est là : non pas avoir “une appli de plus”, mais retrouver une forme d’autonomie professionnelle. Savoir que l’application qu’on utilise répond vraiment à un besoin, et qu’elle sert l’apprentissage des élèves.

Si vous avez aimé l'article, vous êtes libres de le partager ! :)

Vous pouvez aussi aimer :

Gagnez 2 heures avec l’IA sur les appréciations Parcoursup sans trahir les élève !

Gagnez 2 heures avec l’IA sur les appréciations Parcoursup sans trahir les élève !
{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}
>